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Second épisode de l’été avec la Révolution de la formation. A ne pas confondre avec la réforme, donc…

Les recruteurs ne cessent de le répéter, à tel point qu’ils finiront même un jour par s’en convaincre réellement eux-mêmes : « Nous recrutons avant tout des personnalités et des compétences ! ». Et les diplômes ? C’est fini, has been (comme on dit aux « states » …et au CIC). Depuis le baccalauréat qui déclenche chaque année le débat sur sa valeur (le coût de sa mise en œuvre, ses modalités – examen vs contrôle continu – et qui va conduire à l’échec plus de la moitié des inscrits en première année de licence à l'université. Source : Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) jusqu'au diplôme le plus prestigieux durement obtenu après de nombreuses années d'études supérieures...

Et une révolution, une ?

C’est donc tout naturellement que la révolution digitale s’est emparée de la formation. Fini les diplômes ? Vivent les certifications, les badges et les autocollants ! Un poil vintage comme appellation, mais très digital dans leur obtention : place aux Mooc, et à ses principaux avatars, les Cooc et les Spoc ! Les Mooc ? Massive Open Online Courses, des formations ouvertes au pus grand nombre, gratuites et en ligne.

Personnellement, pour commencer une révolution, je me serai plutôt intéressé à l'orientation. Mais bon… C’est bien de la formation dont il sera question ici. Et dès que l’on s’intéresse au sujet, les opinions se divisent. Pour les premiers, c’est incontestablement une révolution qui est en marche et qui balaie tout sur son passage : la formation initiale, la formation professionnelle et continue, l’enseignement voire le modèle économique de toute cette activité ! En revanche, des voix tout aussi nombreuses contestent largement l’aspect révolutionnaire de ces nouvelles formations. Communication & RH fait le point en toute subjectivité…

Un principe révolutionnaire ?

La révolution tiendrait-elle dans les principes mêmes du MOOC : ouvert à tous, gratuit, virtuel ? Si l’on en reste bien au niveau des principes (la réalité en est parfois assez éloignée...), rien de bien révolutionnaire. Et la preuve tient en un seul patronyme : Ferry.

Jules (1832-1893), pour commencer, considéré comme le promoteur de l’école gratuite, obligatoire et de l’enseignement laïc dans les lois scolaires votées en 1881-1882 sous la Troisième République. Ouvert et gratuit, rien de nouveau donc. Le Virtuel, c’est à un autre Ferry qu’on le doit. Luc (1951- ). Il a été enseignant à l’Université Paris-Diderot pendant 14 ans sans quasiment jamais y avoir mis les pieds, occupé soit par des fonctions officielles ou ministérielles. L’enseignement virtuel, rien de nouveau non plus, donc.

Une pédagogie révolutionnaire ?

Si des principes ne suffisent pas à révolutionner la formation, la pédagogie peut tout changer. Et en matière de Mooc, il y a Mooc et Mooc. xMooc et cMooc pour être précis (enfin, en résumé, parce qu’on trouve des Mooc qui sont aussi un peu des 2).

Les xMooc sont issus de l’enseignement traditionnel. Ils partent dès lors avec un handicap sérieux pour faire germer une révolution : des cours, des exercices, du contrôle de connaissances et, si tout va bien, des bons points ou des images à la fin (en langage digital, dire «badge» ou «certification»). Difficile de faire du neuf avec du vieux…

Et il y a les cMooc, fondés sur la théorie de la connectivité et sur une pédagogie ouverte qui s’appuie sur des réseaux de contenus et d'individus : chacun définit ses objectifs, interagit et s’auto-évalue. Et ça, franchement, à défaut d’être révolutionnaire, ça sonne assez digital minded.

Mais qui sont donc ces révolutionnaires qui révolutionnent la formation ? Ben… Les grandes écoles et les grandes universités qui sont assez loin d’être ouvertes, massives et gratuites… Et çà, je ne trouve pas que ce soit très révolutionnaire. Je suis même allé sur un grand service français de Mooc au nom amusant ;-) pour tester un Mooc. Et là… nouvelle déception. Plutôt que de choisir un sujet auquel me former, les critères de recherche m’imposent de choisir d’abord l’établissement qui le dispense. A ce rythme, il y aura bientôt des Mooc de rang A, de rang B, etc… Et probablement des Mooc gratuits… qui deviendront payants, si ce n’est pas déjà un peu le cas !!!

Des résultats révolutionnaires ?

Mais après tout, qu’importe le flacon…  Seuls les résultats comptent. Et pour le moment, force est de constater que les taux de réussite, pardon, de certification et d’obtention de badges, sont largement inférieurs au taux de réussite de notre has-been baccalauréat. Lassitude des élèves, déception, manque de motivation, manque de révolution ?...

Car les Mooc s’institutionnalisent déjà ! Le point commun entre un community manager, un selfie, le big data et les Mooc ? Ils seront tous dans l’édition de la rentrée du Larousse ! Une idée peut-être pour relancer la révolution : un Mooc sur la révolution de la formation et des classements à l’initiative de l’X et de HEC ?...

 

 
 
Tag(s) : #digital, #RH et Médias Sociaux