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©Aline Rollin pour Randstad

©Aline Rollin pour Randstad

Si l'été fut faste en révolution RH, l'automne n'est pas en reste. Et je ne parle pas d'une initiative de Goldman Sachs qui investit Snapchat pour recruter (et plus exactement ses campus stories). Non.  Ça, ce n'est pas une révolution, c'est de la communication. Goldman Sachs reste, malgré quelques arrangements avec la SEC (le gendarme de la bourse américaine), quelques casseroles plus ou moins toxiques et quelques amendes (dont une de 550 millions de dollars...) ; malgré tout cela,donc, Goldman Sachs reste un employeur de choix pour nos nouvelles générations en quête de sens et de RSE mais apparemment à la mémoire courte ... ou extrêmement sélective. L’entreprise pointe même en 14ème position des employeurs préférés des étudiants d’écoles de commerce en France, son meilleur classement depuis 2012... Allez, je vous épargne snapchat et la publicité de Goldman Sachs et vous donne directement le lien pour postuler au sein de "l'empire du mal" comme titrait "L'Express" ! Cadeau, c'est ici

Mais c'est quoi alors la révolution de la rentrée ?

Bon. Si vous avez suivi ce blog cet été, vous allez penser que je plaisante. Mais non. Malgré mon penchant avéré pour railler gentiment les révolutions  RH (et 2/3 autres trucs RH aussi...) c'est bien d'une révolution dont je souhaitais vous parler aujourd'hui. Enfin il me semble... Une révolution qui n'a pas eu l'écho qu'elle mérite, je trouve. Rien que pour cela, c'est révolutionnaire ! 

Car tout était  réuni pour faire de cette annonce ZE big thing : 

  • un objectif noble qu'on ne peut que partager : lutter contre le chômage et, concrètement, "offrir une réponse au problème des offres d’emploi non pourvues – quelles qu’en soient les raisons". 
  • une alliance de grands acteurs du marché de l'emploi et de la technologie dont on ne peut guère remettre le sérieux en doute.

Bon, allez, c'est quoi cette révolution ?

Avec moins d'une dizaine de petits résultats sur le fil actualités de Google (2 fil éco avec Le Figaro et la Tribune, une Tv avec BFM TV, 2 technos avec Silicon et IT expresso et 1 seul RH avec Exclusive RH - par chance, il y a les blogs ;-) -  c'est donc sans grand bruit que Randstad a mis en place la technologie Big Data au service de l’emploi en France le 15 septembre dernier !

Bon. Les puristes trouveront toujours à redire car une bonne partie de la solution s'apparente plus à du Business Intelligence qu'à du Big Data... N’empêche, des développements appuyés sur un cluster Hadoop de 100 To soit 1012 octets, reposant sur une appliance Big Data Oracle intégrant la distribution Cloudera, le tout mâtinée de Spark, le framework star des data open source avec des technologies d’analyse sémantique et un arbre de décision dedans... Alors ? C’est Big Data ou pas ? Perso, n’y comprenant rien, j’aurais tendance à penser que oui, quand même, ça en a tout l’air...

Et ça va révolutionner quoi ?

Ben, pas mal de trucs en fait. Depuis l’orientation des futurs candidats (pour une fois, un outil s’y intéresse !!!) - Quels sont les métiers qui génèrent un besoin récurrent dans mon bassin d’emploi ? – jusqu’à la reconversion des actuels salariés  - Mon secteur est en perte de vitesse, quelles sont les compétences dont je dispose qui vont me permettre de trouver un emploi dans un autre secteur et quelles sont les compétences qui me manquent ? Et ces questions trouvent naturellement leur pendant côté entreprise en matière d’implantation, de recrutement, de reclassement ou de formation des salariés !

Sur le papier, je suis quasi-enthousiaste. Dans les faits, ce n’est pas l’outil qui m’inquiète. C’est plutôt la capacité des utilisateurs (candidats et/ou recruteurs) à changer leurs habitudes et leurs usages.

  • Les candidats accepteront-ils de renoncer à l’impasse annoncée la voie tracée par leurs études au motif que, dans leur branche et dans leur bassin d’emploi, y’à pas de job ? J’aurai tendance à dire oui.
  • Des recruteurs accepteront-ils de recruter des candidats qui ne correspondent pas pleinement au profil recherché sur la foi de compétences transférables (et sans doute d’un petit effort de formation) ? J’aurai tendance à dire... c’est pas gagné gagné. Une bonne formation qui est sur la liste et une expérience rigoureusement similaire chez un concurrent direct, ça rassure toujours...

Pourtant, l’outil s’appuie non seulement sur un référentiel interne de 1 000 qualifications et 11 000 compétences issus de 3 millions de CV (Tiens, heureusement qu’il n’est pas complètement mort celui-là, le CV, on aurait été bien embêté) et sur des données externes (open data) provenant de l’Insee, de Pôle emploi, de Jobfeed, un agrégateur, ou de Trendeo, institut de veille et observatoire de l’emploi, entre autres. Ça pourrait grandement fluidifier le marché...

 

Dès octobre, près de 2 000 consultants de Randstad auront accès à cet outil pour leurs démarches commerciales. Nous verrons bien si les usages suivent. Attention toutefois à la tentation du déterminisme qui pourrait être opposé à l’outil. Ce n’est pas parce qu’on nait à  Dijon qu’il faudra nécessairement travailler dans la moutarde ! Vous imaginez Kho-Lanta et le débrief rugby sans Denis Brogniart ?  Paris sans tour Eiffel ? Un apéritif sans Kir ? Laspalès sans Chevallier ? Le plein emploi sans Rebsamen ? Ah, non !  Mauvais exemple !  Il est depuis retourné s'occuper des emplois dans la moutarde...

 

 
Tag(s) : #big data, #innovation, #emploi, #recrutement