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©afagen sur Flickr

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Le ton est donné en cette fin janvier. Il sera donc question ici de RH, d’Uber et d’uberisation. En revanche, et malgré un titre trompeur dont la vocation revendiquée est d'attirer le clic, il ne sera pas du tout question d'Alès, capitale des Cévennes. Cette révélation ne manquera pas de priver l’auteur de son fervent lectorat cévenol connecté. Une belle preuve d'indépendance !

Uber et uberisation sont dans un bateau (taxi)

L'uberisation... Une opportunité pour tout péter ou le dernier épouvantail en date d'une longue série commencée avec fail, bad buzz et ses amis ? Revenons au commencement avec une petite définition.

Pour certains, l’uberisation consiste à proposer aux consommateurs de partir d'un état A, pas très sympa ni digital en termes de produits et services que l’on appelle AVANT, pour arriver à un état B où l’avenir est radieux, collaboratif (et où l'on s'appelle par son prénom ou son pseudo) que l’on appelle APRES. Le tout à bas coût (produits et services inclus) avec 4G, smartphone, carte bleue piratée tous les 3 mois, tutoiement et géolocalisation (en sus). 

Pour d'autres, plus rétifs aux révolutions digitales, l’uberisation ne serait qu’un concept publicitaire de plus, lancé à peu de frais (une constante…) par un groupe publicitaire en la personne de son emblématique président, toujours jeune, lors d’une interview accordée à un grand journal financier britannique. Le tout dans l’unique optique de vendre du conseil anti-uberisation ? Et de prétendre que ce serait comme la génération Y, beaucoup de bruit pour pas grand-chose…

Et enfin, pour les derniers, ce serait un peu des 2. Tous s’accordent cependant pour dire que c’est un néologisme très en vogue depuis 1 an (seulement…) qui se propage à tous les secteurs économiques. Le principe étant de proposer un service ou un produit existant en mieux, plus vite et moins cher par la mutualisation des ressources et la réduction des infrastructures à l’image d’un Uber créé en 2009, mais aussi d’un Airbnb créé en 2008, d’un Booking créé en 1996 ou d’un Amazon créé en 1994.

Ces définitions inspirent 2 questions fondamentales : pourquoi n’a-t-on jamais parlé d’amazonisation de l’économie ? Et que viennent faire les RH dans cette galère ? 

Les RH prennent le taxi de l’uberisation…

Si la question de l’amazonisation restera ici sans réponse (mais si vous avez des idées, je suis preneur), intéressons-nous plutôt au rapport entre RH et uberisation. A relire la citation ayant popularisé le néologisme : "L'ubérisation, c'est l'idée qu'on se réveille soudainement en découvrant que son métier traditionnel a disparu." Il semble parfaitement naturel que les RH s’en mêle. Y’a même déjà un nom pour ça : la GPEC*. C’est certes moins sexy et moins nouveau que l’uberisation, mais c’est pourtant un remède apparu avant même l’apparition du mot nommant les maux. CQFD...  euhhh GPEC.

*GPEC : Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences qui consiste à mettre en place des politiques pour faire que l’on ne se réveille pas soudainement en découvrant que son métier traditionnel a disparu. Enfin, en principe…

Bon, ça, c’est le positif : des RH qui anticipent la transformation des métiers (et la disparition de certains autres). Le leur y compris. Et nous voilà dans la GPEC auto-appliquée enfin, dans l’uberisation des RH, #digitalRH oblige. 

Taxi ©Shutterstock - www.shutterstock.com/fr/ + freepik from www.flaticon.com

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Il me semble toutefois que le recours un peu trop systématique à l’uberisation en tant que voie unique de la digitalisation à marche forcée véhicule (enfin VTC, vous aurez compris) aussi son côté sombre. Si le modèle économique prôné par ces (pas si) nouveaux acteurs suscite certes l’adhésion et la sympathie des utilisateurs, il semblerait que ce soit un peu moins enthousiaste du côté des « utilisés » : lettre de doléances des « turkers* » d’amazon, class action contre Uber, recul de booking.com sur les clauses tarifaires en Europe, surveillance accrue du statut juridique et fiscal des loueurs Airbnb…

Ces nouveaux modèles partagent désormais plus souvent les Unes des chroniques judiciaires que leurs revenus… Robert Reich, ex Secrétaire d’État au travail sous Clinton, a d’ailleurs trouvé une jolie formule pour qualifier ce secteur : «l’économie du partage… des restes».

*Turkers : Amazon Mechanical Turk est un service de crowdsourcing lancé par Amazon en 2005 qui vise à faire effectuer des tâches n’exigeant peu ou pas de qualification, contre faible rémunération, par des particuliers qui s’inscrivent sur le site : les turkers.

Car les soucis judiciaires, au-delà des législations (ou de leur absence) avec lesquels ces nouveaux acteurs prennent quelques libertés, naissent aussi d’une redéfinition du concept et de la structure de l’emploi. Pour certains, c’est un salutaire coup de pied dans la fourmilière (dans laquelle ils ne sont pas, bien évidemment) qui permet à certains exclus de l’emploi d’accéder enfin à des revenus. C’est indiscutable. Mais pour d’autres, c’est le retour du travail à la tâche et la disparition programmée du salariat (à l’exception d’une élite préservée, bien sûr) : tous intermittents ou free-lance demain ?...

 

Le mirage de la révolution digitale et de ses milliers de nouveaux emplois qu’elle ne manquerait pas de créer s’éloigne un peu plus chaque jour… Ce sera d’ailleurs le thème du prochain billet ! A suivre, ou pas. 

 

 




Tag(s) : #digital, #social tout court, #blog rh