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To talk or not to talk? © Library of Congress - Sarah-Bernhardt (Hamlet)

To talk or not to talk? © Library of Congress - Sarah-Bernhardt (Hamlet)

Information, communication, conversation ! C’est par ces 3 mots que pourraient se résumer la –jeune- histoire de l’internet. Information avec les premiers portails et leurs (trop ?) nombreuses chaines thématiques ; Communication ensuite, avec l’arrivée des moteurs de recherche et les premières batailles du référencement naturel (et payant) ; Conversation enfin avec les médias sociaux qui transforment l’internaute en producteur de contenus et prescripteur écouté.

Car s’il a fallu attendre 1789* pour une révolution qui donne la parole au peuple (enfin, c’était l’idée de départ, je crois), il aura suffi d’une petite vingtaine d’années pour qu’internet donne la parole aux « consom’acteurs » : une révolution dans les rapports marques / consommateurs et surtout dans la façon de communiquer. Et l’avènement d’un graal supplémentaire : la conversation !

A ne pas confondre avec 2048, jeu en ligne pendant lequel on est prié de ne pas s’adresser la parole.

La conversation, nouveau, nouveau graal

Après (dans le désordre) le buzz, la e-réputation, les ambassadeurs, l’influence, la communauté et l’engagement , voici la conversation, érigée en nouveau, nouveau graal de la marque sur les médias sociaux.

Attention toutefois ! La conversation érigée en outil marketing 2.0 n'est plus qu'une cousine éloignée de la conversation définie dans les dictionnaires. La nouvelle conversation est plus écrite qu’orale et se contente souvent de peu de mots. En comparaison, une étude du magazine Science de 2009 avait mis en lumière qu’une conversation quotidienne moyenne se composait d’environ 16 000 mots (un peu plus pour les femmes que pour les hommes. A peine plus de 4%. Rien qui ne prête sujet à la remarque sexiste...

Et la nouvelle conversation n’a rien des conversations de salon où l’on prenait le temps d’échanger et de se connaître…. Aujourd’hui, instantanéité et immédiateté sont les nouvelles valeurs digitales conversationnelles de la génération connectée ! Ça ne veut rien dire, mais ça sonne bien.

Et ça va encore évoluer. Le CSP (Conseil supérieur des programmes) a rendu ses recommandations au Ministère de l’Education nationale sur la mise en place d’un « socle commun de connaissances, de compétences et de culture »  nécessaire à chaque élève à la fin de sa scolarité obligatoire. Le numérique y figure en bonne place. Une aubaine pour certains : « Non Monsieur, je ne bavarde pas. J’engage ma communauté par la conversation ! ». Sic.

En résumé, la conversation social media, on voit à peu près ce que ce n’est pas, on devine vaguement ce que ça pourrait être, mais tout le monde s’accorde sur le fait que c’est de sa qualité dont va dépendre l’engagement et l’implication des consommateurs envers la marque !

Le business de l’analyse

Oui mais voilà… Comment juger de la qualité conversationnelle de codes nouveaux ! Quelle valeur accorder à un PTDR, un WTF ou un ;-) ? Un RT vaut-il plus qu’un like ou un abonnement ? Faut-il, a contrario, s’alarmer d’un bof ou d’un je n’aime plus ? Une phrase, aiderait sans doute à y voir plus clair. Une phrase, quoi ! Un sujet, un verbe et un complément…

Car la conversation, à défaut de créer du dialogue, a généré du business, le business de l’analyse des conversations. ET les outils d’analyse se sont multipliés faisant fleurir çà et là  d’improbables graphes, de jolies courbes harmonieusement entrelacées et des histogrammes bigarrés… Reste à les interpréter !...

 Conversations RH et Recrutement 2.0 : tristes topics...

Conversations RH ou les monologues de machin…

Bon d’accord. Avoir des conversations sérieuses autour d’un jus de fruit ou d’une friandise enrobée de chocolat, ça demande une sacrée bonne dose d’imagination (et de moyens). Et pour s’impliquer et s’engager dans l’épaisseur du nappage ou le nouveau parfum, côté consommateur, une sacrée dose de temps à perdre ou d’addiction sans retour pour le chocolat ou les boissons fruitées…

Mais si le sujet est sérieux et intéressant, alors, tout devient plus facile et naturellement conversationnel, non ? D’autant plus que, l’année dernière, je vous parlais de la conversation RH / recrutement la plus populaire (la discussion Viadeo initiée au début de l’été 2012 et intitulée « Recruteurs cherchent candidats......désespérément !!! ») qui avait généré plus d’un millier de commentaires !

Hélas, l’analyse des conversations RH / marque employeur plus récentes (et sans outil, tout à la main !) ne soulève pas le même enthousiasme.

Sur les pages carrières Facebook de + de 10 000 fans ? Quelques likes mais les commentaires se comptent sur les doigts d’une seule main… Sur les Comptes Twitter recrutement / carrières de plus de 1 000 abonnés ? Du RT (peu) de la mise en favori (rarement) et … peu voire pas de commentaires.

C’est enfin vers des conversations sérieuses tenues sur les réseaux professionnels que je me suis enfin tourné, fort du souvenir de la discussion Viadeo… Et ce souvenir est à ranger au rang… de souvenir. Les interactions deviennent rares car les forums de discussions se sont transformés en long tunnel célébrant la promotion de tel ou tel événement, de tel ou tel service / produit ou la dernière publication à lire absolument de tel ou tel blogueur (et là, je sais de quoi je parle, je suis membre de cette dernière catégorie ;-)

On pourrait me reprocher une analyse purement quantitative de ces conversations. Soit. Alors un peu de qualitatif. Qui n’a, hélas encore, de qualitatif que le nom. Sur les pages entreprises / carrières de ces mêmes réseaux sociaux professionnels, les conversations peuvent se regrouper sous 3 grandes thématiques :

La conversation institutionnelle (mine de rien, je te balance 2/3 infos corporate sur le nouveau produit/service de la société pour te montrer que ma société, elle innove et elle est dynamique). Un revolver sur la tempe, quelques collaborateurs se sentent obligés de liker, voire de partager… mais de là à s’extasier en commentaires, faut pas pousser non plus.

La conversation RH qui se résume bien souvent à dire qu’on recrute tel ou tel profil (pour éviter l’achat d’une offre d’emploi ou pour expérimenter le recrutement conversationnel ?). Et les commentaires qui n’en sont pas. A moins que les questions soient des commentaires. Voilà une idée, lancer un outil d’analyse des questions et le tour sera joué.

Et enfin, la conversation qui ressemble à s’y méprendre à un bureau de doléances, voire de réclamations RH aussi appelée  le cauchemar du Community Manager RH  qui a d’autres posts à fouetter…: «  Ca fait 48 h que je vous ai adressé mon CV et je m’étonne de ne pas avoir été convoqué sur le champ, tellement je corresponds au profil recherché ! »...

 

Cette rapide « netnographie » des conversations (qui ne vaut pas celle d’Andria Andriuzzi « La conversation de marque, une sphère d’influence ? » ) est assez décevante et le titre  de ce billet le résume. Saurez-vous me convaincre du contraire par l’intéressante conversation générée par cette publication ? … A suivre. 

 

 
 
Tag(s) : #marque employeur 2.0, #RH et Médias Sociaux, #blog communication, #social media