Qui maquille les morts et comment devenir le thanatopracteur ?

Qui maquille les morts et comment devenir le thanatopracteur ?
Sommaire

La préparation d’un défunt pour la présentation aux proches soulève souvent des questions et des incompréhensions. Qui réalise le maquillage et les soins esthétiques ? Quelle différence entre un agent de chambre funéraire et un thanatopracteur ? Cet article explique de manière claire les rôles, les étapes pratiques, la formation nécessaire et les éléments à vérifier avant de confier un proche à un professionnel. L’objectif est d’informer pour rassurer et permettre de poser des questions précises aux prestataires.

Le professionnel en charge : le thanatopracteur

En France, le thanatopracteur est le professionnel formé pour réaliser des soins de conservation et de présentation du corps. Il peut pratiquer la thanatopraxie, c’est-à-dire des actes techniques visant à ralentir la décomposition (injections, drainage) ainsi que les soins esthétiques (toilette mortuaire, coiffure, maquillage, habillage). Le thanatopracteur travaille souvent en chambre funéraire, en association avec les pompes funèbres, et respecte des règles strictes d’hygiène et de déontologie.

Agent de chambre funéraire versus thanatopracteur

Un agent de chambre funéraire peut réaliser la toilette et la mise en présentation d’un corps sans pour autant pratiquer d’actes de conservation. Ses interventions sont principalement esthétiques et respectueuses de la dignité du défunt : nettoyage, coiffure, maquillage léger et habillage. Le thanatopracteur, lui, bénéficie d’une formation plus poussée et d’autorisations pour effectuer des gestes conservateurs ou des reconstructions faciales complexes lorsque l’état du corps l’exige. Le choix entre ces prestataires dépendra de l’état du défunt et des souhaits de la famille.

Les étapes concrètes des soins de présentation

La préparation d’un défunt suit généralement plusieurs étapes : constatation et respect des prescriptions médicales, toilette complète, soins d’hygiène, coiffure, maquillage et habillage. Si nécessaire, des interventions de thanatopraxie ou de reconstruction faciale sont effectuées avant le maquillage pour restaurer l’apparence. Le maquillage post-mortem vise à rendre un visage reposé et naturel, en adaptant les couleurs et textures aux particularités cutanées du corps. Ces actes sont réalisés avec des produits spécifiques et stériles, en respectant la dignité du défunt et la sensibilité des proches.

Formation et compétences requises

Devenir thanatopracteur nécessite une formation spécialisée qui combine hygiène, anatomie, techniques de conservation, cosmétologie et accompagnement des familles. Les cursus peuvent être proposés sous forme de titres professionnels, de certificats spécialisés ou de formations continues. La pratique sur le terrain, par des stages en entreprise funéraire, est essentielle pour acquérir l’expérience nécessaire. La validation des acquis de l’expérience (VAE) est également une voie possible pour les professionnels issus du médico-social ou du funéraire souhaitant se reconvertir.

Cadre légal et déontologie

Les interventions sur les corps sont encadrées par des règles strictes afin de garantir la dignité des défunts et la sécurité sanitaire. Certaines opérations, notamment les actes de thanatopraxie, peuvent nécessiter des autorisations ou des conditions matérielles précises (salle dédiée, matériel approprié). Les prestataires doivent respecter la confidentialité et l’éthique professionnelle, et informer clairement les familles des actes réalisés. Demandez systématiquement un devis détaillé et la nature exacte des soins proposés.

Tarifs et délais indicatifs

Les prix varient en fonction de la nature des soins et de la complexité de l’intervention. À titre indicatif, un maquillage et des soins de présentation simples se situent souvent entre 80 et 300 euros. La thanatopraxie complète peut coûter entre 300 et 1 200 euros selon les actes effectués et le lieu d’intervention. La reconstruction faciale ou les interventions esthétiques spécifiques peuvent être facturées entre 150 et 600 euros supplémentaires. Les délais d’intervention sont généralement courts (intervention sous 24 à 72 heures), surtout si la famille souhaite une veillée ou une présentation publique.

Comment choisir et trouver un professionnel

Pour choisir un prestataire, demandez plusieurs devis, vérifiez les qualifications (titre professionnel, certificat), renseignez-vous sur l’expérience pratique et demandez des références ou témoignages. Privilégiez les entreprises qui détaillent les prestations par écrit et qui expliquent les différences entre toilette mortuaire, soins esthétiques et thanatopraxie. Si la situation médicale du défunt est complexe (traumatismes, maladies avancées), orientez-vous vers un thanatopracteur expérimenté en reconstruction faciale.

Conseils pratiques pour les familles

  • Demandez un devis écrit et détaillé avant toute intervention.
  • Précisez vos souhaits concernant la présentation (maquillage naturel, coiffure, vêtements choisis).
  • Informez-vous sur les délais nécessaires et les contraintes liées à l’état du corps.
  • Si vous avez des doutes, demandez une consultation préalable avec le professionnel.

La préparation et le maquillage d’un défunt sont des actes techniques mais aussi un geste de respect et d’accompagnement pour les familles. Connaître qui intervient, quelles sont les compétences et les coûts vous permettra de faire des choix éclairés et de préserver la dignité du proche disparu tout en facilitant le dernier adieu.

Questions et réponses

Qui s’occupe de maquiller les morts ?

Le thanatopracteur, c’est souvent la personne qui s’occupe du maquillage des défunts, mais ce métier dépasse la simple application de fond de teint. En plus de la toilette mortuaire, il réalise des soins spécifiques de conservation du corps, puis passe à l’habillage, au maquillage, au coiffage et au positionnement dans le cercueil. J’aime dire que c’est un artisan de la mémoire, un peu médecin, un peu costumière, toujours attentif à rendre l’image apaisée pour la famille. C’est un travail technique, sensible, qui demande respect, précision et une grande humilité professionnelle. On se forme en équipe, sur le tas, modestement, heureusement.

Quel est le salaire d’un thanatopracteur ?

Salaires, voilà un sujet terre à terre mais important. Un thanatopracteur peut débuter autour du SMIC et monter jusqu’à environ 4 500 euros bruts par mois, soit près de 54 000 euros bruts par an dans les meilleurs cas. Entretemps, beaucoup évoluent lentement, selon la structure, les heures d’astreinte, et les compétences en soins de conservation et relationnel. Ce n’est pas juste un chiffre, c’est aussi la reconnaissance d’un savoir-faire délicat. Si vous pensez à cette voie, préparez-vous à travailler main dans la main avec des équipes, à gagner en autonomie et en valeur. Les formations et l’expérience pèsent beaucoup.

Quelle est la différence entre un embaumeur et un thanatopracteur ?

On confond souvent embaumeur et thanatopracteur, normal, les mots sonnent pareil mais n’ont pas la même pratique. L’embaumeur applique l’embaumement, une méthode ancienne de conservation, plus répandue ailleurs qu’en France, plus invasive parfois. Le thanatopracteur, lui, réalise des soins de conservation et de présentation plus modernes, ciblés, pensés pour l’accueil en chambre funéraire et pour apaiser la famille. Dit comme ça, c’est simple, mais sur le terrain c’est nuancé, techniques, réglementations, attentes culturelles et formation varient. En équipe, on partage ces savoirs, on s’adapte, on apprend à composer avec le vivant souvenir. C’est un métier discret mais essentiel, vraiment.

Quel diplôme pour devenir thanatopracteur ?

Le diplôme existe, et il rassure, pour devenir thanatopracteur, il faut obtenir un diplôme national de thanatopracteur, souvent via un DUT de thanatopraxie ou des formations spécialisées reconnues. Ce n’est pas juste une ligne sur le CV, c’est la base technique pour apprendre les soins de conservation, l’habillage, le maquillage et la gestion humaine auprès des familles. J’avoue, la première formation m’a secoué, entre théorie dense et mises en situation un peu froides, mais c’est en pratiquant, avec des collègues patients, qu’on gagne en confiance et en respect de la profession. Si vous choisissez cette voie, comptez sur l’entraide, vraiment.

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