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"Le numérique c'est fantastique, le digital, trop génial"! Ce refrain désormais sur toutes les lèvres n'est pas sans nous rappeler l'apologie sautillante et primesautière du groupe nantais Elmer Food Beat au début des années 90 sur un tout autre sujet...
Passée l'euphorie des premières années et les promesses d'un avenir radieux, qu'en est-il vraiment de la transformation de nos entreprises (toutes start-up ?) Et de la transformation  de l'emploi  (tous Chief Digital Officer ?). Je trouve que ce début d'année 2016 vient assez largement pondérer l'enthousiasme ambiant...

L'entreprise digitale, l’arme fatale ? 

L'entrepreneuriat à la cote ! En fait, la création d’entreprise a plutôt reculé en 2015, la faute au fort recul des autoentrepreneurs (-4,7 % toutes entreprises confondues avec 525 091 immatriculations vs 550 794 en 2014 – source Insee). Toujours est-il que les créations d'entreprises digitales se sont multipliées et se multiplient encore pour le plus grand plaisir de la French Tech, le collectif des acteurs de l’écosystème des startups Made in France. Il fallait bien prendre le taureau par les cornes. Enfin, plutôt par licorne…

Licorne ? Cet animal imaginaire et fabuleux que les fans de « My Little Pony » ou du « Seigneur des Anneaux »  connaissent bien ? Pas du tout. En langage économique, la licorne est LE modèle qui fait rêver nos jeunes (et moins jeunes, non mais) entrepreneurs : une entreprise non cotée,  souvent une start-up technologique, dont la valorisation dépasse

  1. l'entendement et le chiffre d’affaires 

  2. le nombre de zéros affichés par ma vieille calculette

  3. la barre assez enviée du milliard de dollars !

My Little Pony ©Shutterstock - www.shutterstock.com/fr/

My Little Pony ©Shutterstock - www.shutterstock.com/fr/

Licorne : avenir de l’emploi ou obsolescence programmée ?...

Il y aurait, selon les sources, entre 140 et 180 licornes dans le monde dont… 2 en France. Il faut dire qu’accéder à ce statut envié demande beaucoup d’énergie… mais surtout, beaucoup, beaucoup d’investissement ! En 2015, ce sont près de 128 milliards de dollars qui ont été injectés dans ces start-up ! Oui mais voilà, ces financements accusent une baisse de 30 % fin 2015 et les prévisions sont encore plus pessimistes pour 2016, l’ensemble des investisseurs réduisant la voilure.

Attention, rien de comparable avec l’explosion de la bulle internet des années DotCom, préviennent les experts. Rien de comparable avec les causes. Pour les conséquences, on verra plus tard ;)

Bref, la licorne va se faire de plus en plus rare, méritant peut-être enfin son nom. Ne serait-on pas en train de réaliser que les rêves ne se réalisent pas toujours et qu’un modèle économique viable doit aussi être basé sur la production de valeur, et pas seulement sur une course effrénée à la levée de fonds ?  

On notera que le seul critère d’évaluation de la licorne est sa capacité à lever des fonds afin d’atteindre un niveau de valorisation optimal. Qu’elle crée de la valeur et éventuellement des emplois semble dérisoirement accessoire…

L’émoi (de la planète hyper connectée s’entend. N’oublions pas que près de 60 % de la population mondiale n’a pas accès à l’internet et s’émeut assez peu question milliards de dollars…) L’émoi donc, qui a entouré l’actualité récente de Twitter est finalement assez amusant : une ancienne licorne hyper prometteuse qui n’a finalement pas dégagé le moindre bénéfice net depuis sa création, qui a du mal à monétiser son audience (qui ne grandit presque plus), une valorisation boursière divisée par 2 en 1 an  et qui essuie une panne mondiale de son service pendant plus de 6 heures… Je suis de ceux qui peuvent comprendre que les investisseurs s’agacent et coupent quelques têtes dirigeantes du réseau… Dans le même temps, Facebook annonçait  un bénéfice net 2015 de  3,7 milliards de dollars soit 25 % de plus que l’année précédente. Has been Facebook, qu’ils disaient…

Et question emploi ? Ben Twitter a découvert les affres du plan social avec  le licenciement de plus de 300 personnes en octobre dernier (8 % des effectifs). Il n’est pas certain que la frénésie créative de start-up soit une bouffée d’oxygène pour l’emploi en 2016. Et quant à parler de créativité, lorsqu'une star de la tech recrute, cela donne, IMHO, un joli festival de clichés, certes bien réalisé, mais tout de même... Rien ne nous est épargné : le collaborateur avachi dans le fat boy, check! La table de ping pong et le baby foot dans l'open space, check! La partie de jeu vidéo en ligne, check! La référence chaton geek, check! Le bien être au travail avec massage inclus, check! Et le tout, avec humour avec un grand H ... comme Hubert  :(

Bienvenue chez Hubert... (LOL, c'est has been ? ...)

L’entreprise se transforme selon un modèle qui donne pourtant des signes d’un léger coup de mou. Mais la révolution numérique poursuit sa route et l’emploi, lui aussi se transforme. Tous ces métiers porteurs du futur de demain dont on nous parle sans cesse (pas dans la vidéo ci-dessus), voilà peut-être une piste à explorer ? C’est en tout cas un billet à lire le mois prochain avec l’épisode 2. Dans quelques jours donc…

 
Tag(s) : #emploi, #digital, #blog rh